Chatillon-sur-Seine
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Cîteaux ou tout a commencé

Sur le chemin des moines…
Si le Clos de Vougeot est aujourd’hui un « sol glorieux », c’est parce que ses vignes plongent leurs racines, depuis presque 2 millénaires, aux origines de Citeaux, l’abbaye qui fut un phare éblouissant de ses lumières, spirituelle et « viticulturelle » du monde occidental. Les vignerons d’aujourd’hui sont les héritiers de ceux qui « donnèrent le génie » à la vigne bourguignonne moderne.

Lorsqu’en 1098, l’abbé Robert de Molesme et 21 moines s’installent entre la côte de Nuits et le val de Saône, sur une terre donnée par Raynard, vicomte de Beaune, au cœur de la profonde et dense forêt de Cîteaux, ils y fondent une abbaye en réaction à la richesse et aux excès de Cluny, pour « suivre, plus fidèlement et de façon plus parfaite, la règle du très saint Benoît ». Une règle édictée au Vie siècle et qui en dehors de « l’œuvre de Dieu » privilégie le travail manuel. Car, dit Benoît « , c'est alors qu'ils seront vraiment moines, lorsqu'ils vivront du travail de leurs mains, à l'exemple de nos pères et des Apôtres ».Parmi les nombreux dons –l’abbaye, dans ses Riches Heures sera propriétaire de 20 000 hectares - que reçurent l’abbé et ses frères fondateurs, une vigne de Meursault. Il fallait du vin pour dire la messe. Ce vin qui existait sans doute depuis presque un millénaire quand s’installèrent les moines blancs au milieu des roseaux (cistels). D’autres dons de vignes, en production ou en friches suivront. Jusqu’à créer un immense domaine viticole tout au long de la Côte, dont le Clos de Vougeot, son cellier au 2000 pièces qui deviendra château et ses 50 hectares furent le « navire amiral ». Cette extension séculaire n’a rien d’hégémonique. Elle s’explique, dit Frère Jean-Claude de l’abbaye de Cîteaux, par « l’économie de subsistance » du moyen-âge. Dans ces forêts peuplées, on sait cultiver la terre, élever des bêtes, faire du fromage frais, selon des techniques qui se transmettent oralement de mère en fille. Mais on ne sait pas conserver les aliments, car on ne connait pas le froid. La présence des abbayes, à Cîteaux comme nombre d’autres, pour les fromages, ou encore pour la bière, la farine ou l’huile d’olive, devient un atout majeur. Par leur organisation et leur matériel d’abord (celliers, pressoirs et caves pour le vin), pour leur savoir-faire aussi. Mais surtout par la transmission de celui-ci. Car contrairement aux paysans, les moines sont lettrés. « La première chose qu’ils apprennent en arrivant à l’abbaye, c’est à lire et à écrire » précise Frère Jean-Claude. Les moines notant les techniques quand elles s’améliorent, la tradition écrite permet de les conserver sans déformation et c’est le savoir-faire qui augmente. Alors, non, les moines de Cîteaux, contrairement à ce qu’on lit parfois, ne sont pas les « importateurs » de la vigne mais les vignerons d’aujourd’hui sont bien les héritiers de ceux qui « donnèrent le génie » à la Bourgogne moderne.Des villages naissent autour des abbayes (comme ce fut la cas à Cîteaux) qui crées centres spirituels deviennent centre économiques voire scientifiques. Pour permettre la construction ou l’extension de bâtiments, de chemins, de routes, des dizaines de métiers voient le jour. Ce sont les abbayes qui ont créé l’Europe.
EXTENTION NECESSAIRE
A ce stade, on pourrait s’interroger sur cette extension, de l’abbaye et de ses domaines, jusqu’à représenter un véritable pouvoir « temporel », assez contraire à l’esprit de pauvreté de la règle de Saint-Benoit. En fait, l’Histoire nous apprend qu’elle répond à deux raisons consécutives et très divergentes.
La première est que cette extension « domaniale » devient vite nécessaire, face à l’expansion rayonnante de l’Ordre cistercien dont le succès spirituel est grandissant,
notamment sous l’influence de Bernard de Fontaine, entré en 1112. Devenu trop petit sur place, Cïteaux créera 3 nouvelles « filles de l’Ordre» en Bourgogne, chronologiquement La Ferté, près de Chalon-sur-Saône, Pontigny près d’Auxerre, et Claivaux, dont il sera abbé sous le nom de Bernard de Claivaux. Puis d’autres se développeront dans toute l’Europe, y compris de l’est. Elles seront déjà 500 à la mort de Bernard de Clairvaux en 1153.
Pour régler
les relations entre les abbayes de l’ordre monastique, une Carta Caritatis (charte de charité) instaurée dès les premiers essaimages, prévoit notamment un chapitre général qui réunit à Cîteaux tous les ans en septembre, tous les abbés de l’ordre, arrivés des 4 coins des royaumes ou empires au Petit-Cîteaux à Dijon, avant de descendre à l’abbaye en procession. Ce qui nécessite une capacité d’hébergement considérable pour loger les abbés et leurs suites, mais aussi des granges et des écuries pour 1000 chevaux.
Il fallait aussi accueillir et recevoir ducs, rois, empereurs, souverains qui y faisaient étape où y séjournaient. Napoléon –pas encore empereur- s’y arrêta.
La seconde est d’ordre « royal». Alors que jusqu’au XIVe siècle, les abbayes de l’Ordre cistercien étaient dirigées, selon les règles de Saint-Benoit, par un maitre spirituel, élu père abbé par les frères, elles sont alors soumises au régime de la Commende en vigueur dans d’autres ordres. Laïcs et généralement issus de familles nobles qui avaient rendu service, les abbés commendataires (Richelieu fut abbé de Cîteaux), nommés par le roi,
se souciaient plus des bénéfices qu’ils touchaient que du pouvoir spirituel. Ce qui créera de nombreuses tensions entre l’abbé et les moines, jusqu’à ce que la réforme de la Trappe avec son « Etroite Observance » revienne à la fidélité à la Règle de Saint Benoît et des fondateurs de Cîteaux. Aujourd’hui, les moines de l’abbaye sont cisterciens-trappistes.
Déjà mise à mal par la philosophie des Lumières, l’abbaye de Cîteaux et ses domaines dont le Clos de Vougeot avec son château, sont confisqués en 1791  et vendus comme biens nationaux et tous les bâtiments en pierre sont démolis. L’ordre s’écroule. Son silence durera un siècle.
En 1892, différents monastères de la mouvance trappiste se rassemblent pour donner naissance à l’Ordre des Cisterciens de la Stricte Observance. Et en 1898, 8 siècles exactement après l’arrivée de Robert de Molesme, des moines reprennent possession de ce qui reste de Cîteaux pour y faire revivre le charisme cistercien. Dans l’esprit de grande spiritualité de Saint-Bernard et dans l’esprit de travail de Saint-Benoit, dont ils ont fait un… fromage, le Cîteaux, issu du lait de 80 vaches.
Bien sûr, les moines de Cîteaux d’aujourd’hui ne sont plus « propriétaires » du Clos de Vougeot, ni de vignobles prestigieux. Mais ils restent quelque part, les dépositaires de ces racines, de ce savoir-faire, qui au fil des siècles a façonné l’évolution de ce patrimoine remarquable et d’une grande richesse intellectuelle.
Le respect qu’on leur doit à l’heure où la côte espère son classement au Patrimoine Mondial de l’Unesco, valait bien cet aller-retour Abbaye de Cîteaux-Château du Clos de Vougeot, sur le chemin des moines. Des moines, dont certains, dans la tradition de Saint-Bernard, sont partis essaimer en Norvège, il y a 5 ans.

Sources « Essai sur les Vignes de Cîteaux, des origines à 1789 » Frère Marcel Lebeau.

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Le programme
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APPEL à BENEVOLES !
Depuis 9 mois des dizaines de bénévoles de Gilly-lès-Cîteaux et Vougeot travaillent pour préparer la 71e Saint-Vincent Tournante des Chevaliers du Tastevin « sur le chemin des moines », qui se déroulera les 24 et 25 janvier 2015. Ce week-end-là, il faudra, sur le terrain, plus de bénévoles encore pour recevoir les dizaines de milliers de gens venus de loin au nom de l’hospitalité bourguignonne. Plus les bénévoles seront nombreux, plus l’organisation assurera la solide tradition de chaleur humaine et de convivialité de la côte vineuse.

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Le verre de la Saint-Vincent tournante 2015
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Pourquoi Saint Vincent est-il le patron des vignerons ? Né en Espagne, saint Vincent était diacre de Saragosse au début du IVe siècle. Il fut martyrisé par ordre du préfet Dacien à Valence et mourut sous les tortures le 22 janvier 304. Si l'élection de saint Vincent par les vignerons reste mystérieuse, voici quelques hypothèses… Elle pourrait n'être simplement due qu'à la première syllabe de son nom "vin". Le mystère de Saint Vincent : La date de la saint Vincent, le 22 janvier, correspond généralement à une période climatique de transition entre l'état d'hibernation de la vigne et celle du retour de la végétation ("à la saint Vincent, l'hiver s'en va ou se reprend") et surtout, autrefois, au début de la taille. On peut aussi interpréter "Vincent" comme "Vin Sang", le sang de la vigne.
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