Saint Vincent Tournante
Les fêtes de Saint-Vincent
Des fêtes corporatives de village
Selon le calendrier, saint Vincent est fêté le 22 janvier.

Le 22 janvier donc, chaque village de la côte viticole fête la Saint-Vincent avec un rituel pour ainsi dire identique d'un village à l'autre : procession; célébration d'une messe et/ou assemblée générale de la confrérie; repas de cochon pris entre les familles de vignerons membres de la confrérie; passage de la statue du saint que la procession emmène de la famille qui l'a eu pendant un an à celle qui la reçoit pour l'année à venir.

Ainsi, dans chaque village, saint Vincent "tourne" d'année en année au sein des familles de vignerons. Dans les années précédant la deuxième guerre mondiale, il ne subsistait des fêtes de saint Vincent que le seul "repas de cochon" pris en famille dans quelques foyers bourguignons.

Ce sont les fondateurs de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin qui, dès 1934, vont relancer cette tradition.

22 janvier 1934 :
Un repas de cochon au Caveau nuiton
En 1934, en pleine crise du vin, Camille Rodier et Georges Faiveley créent la Confrérie des Chevaliers du Tastevin et mettent au premier rang de leurs préoccupations la restauration de la fête de Saint-Vincent.

Ainsi, le 22 janvier 1934, dans le cadre unique du Caveau Nuiton, propriétaires, négociants, vignerons et invités de la Bourgogne, se réunissaient pour un "repas de cochon" entre amis, sans protocole, autour de tables plantureusement garnies.

Quatre ans durant, cette frairie se renouvela, toujours plus vivante, toujours plus achalandée. Cela ne suffisait pas. Il fallait que la Saint-Vincent fut célébrée au grand jour et qu'elle reprit son caractère d'antan avec son protocole traditionnel : la messe de la Saint-Vincent et son pittoresque cortège.

La Confrérie des Chevaliers du Tastevin s'ingénie à faire renaître voire à fonder une Saint-Vincent plus largement conçue et, pouvons nous dire, intégrale.

Gourmande et joyeuse, sans doute elle devait le rester.

Mais pour redevenir vraiment traditionnelle, elle devait ressaisir le fil rompu de la tradition ancienne, redevenir religieuse puisque aussi bien c'est du culte d'un saint qu'elle est née.

Folklorique aussi, puisque les statuettes, attributs et bâtons processionnels de jadis se placent en quelque sorte sur la frontière qui joint la dévotion religieuse à l'histoire sociale des anciennes confréries traditionnelles.